L’incroyable histoire du Tripitaka Koreana

L’une de mes plus belles découvertes en Corée fût la visite du temple d’Haeinsa, sur le Mont Gaya, à 1h de route de la ville de Daegu. Situé dans la montagne, ce temple offre aux visiteurs une belle combinaison de paysages panoramiques, de beauté architecturale, d’Histoire et d’atmosphère sereine, loin de la trépidante vie citadine.

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© Ko Hon Chiu Vincent

Le temple bouddhique de Haeinsa a été construit il y a plus de 1000 ans. Et depuis 1398, il abrite le Tripitaka Koreana, ce recueil de textes sacrés bouddhiques gravés dans 81.258 tablettes de bois. Ces planchettes sont en réalité des plaques d’impression, où les idéogrammes sont gravés à l’envers. Elles furent finalisées en 1087, après presque 2 décennies de labeur. Mais cette première série fût détruite par les Mongols en 1232 lorsque ceux-ci envahirent la Corée. Le roi Gojong, exilé sur l’île de Ganghwa, ordonna alors la création d’un second set, pour obtenir la protection de Bouddha contre ces envahisseurs. L’oeuvre fût achevée en 1251, cela prit 16 ans pour sculpter ces écritures dans le bois.

« Les spécialistes du bouddhisme dans le monde entier reconnaissent l’exactitude exceptionnelle et la qualité supérieure de ces textes. La valeur des tablettes vient aussi de la délicatesse avec laquelle les caractères chinois ont été gravés ;  la calligraphie est si régulière qu’on peut penser que tout  a été écrit par la même main. »
(Source: https://whc.unesco.org/fr/list/737)

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© Ko Hon Chiu Vincent

Après le départ des Mongols en 1382, le Tripitaka Koreana fût déplacé de l’île Ganghwa au temple de Haeinsa. Le bâtiment qui protège encore aujourd’hui cette oeuvre a été construit en 1488 et démontre une maîtrise dans la conception et la mise en œuvre des techniques de conservation.

En effet, le bâtiment a été spécialement conçu pour assurer une aération naturelle et moduler la température et le degré d’humidité en fonction des conditions climatiques, tout en permettant d’accéder facilement aux tablettes. Il les a ainsi protégées contre l’humidité, les rongeurs et les insectes pendant plus de cinq siècles.

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Geoff Steven
© OUR PLACE The World Heritage Collection

Dans les années 70, un bâtiment se targuant d’équipements modernes pour préserver les tablettes de leur environnement fût construit. On y entreposa quelques tablettes mais celles-ci commencèrent à moisir. On abandonna alors le projet et les tablettes retournèrent dans leur ingénieuse structure d’origine.

Le temple et le Tripitaka Koreana furent inscrits comme World Heritage par l’Unesco en 1995. De manière incroyable, ces écritures survécurent à un incendie au début du 19ème Siècle, à l’occupation japonaise et à la dévastation de la guerre de Corée (1950-1953). En effet, durant cette dernière, il fût ordonné que le temple Haeinsa soit bombardé. Il ne doit sa survie qu’à la désobéissance d’un pilote à cet ordre de sa hiérarchie, estimant que ce site se devait d’être préservé…

Encore une raison supplémentaire pour aller le visiter!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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