Il y a quelques semaines, lorsque les arbres ont commencé à se teinter de jaune et de rouge, je me suis rendue sur l’île de Nami, à 2 heures de route de Séoul.
Et surprise, j’y ai découvert que l’île avait le statut de république… En effet, cette petite île artificielle, lovée entre des montagnes sur le fleuve Han, s’est autoproclamée République de Naminara. Elle a même soigné le détail jusqu’à créer son propre drapeau, son passeport, ses timbres et sa monnaie. Un ticket d’entrée, qui comprend le visa et le trajet en Ferry (10 minutes) y est d’ailleurs requis et vous devrez passer par une douane symbolique pour accéder à l’île.
Évidemment, si vous êtes un peu curieux, vous ne pourrez vous empêcher de vous demander QUI a bien pu vouloir proclamer ce petit bout de terre isolé en République autonome? À part les quelques hères qui y travaillent (divers restaurants, hôtels et commerces accueillant les touristes), cette île ne remplit AUCUN des critères pouvant pousser quelque territoire que ce soit à vouloir devenir une république: à commencer par son absence d’habitants, mais aussi de pouvoirs dirigeants, et surtout de productions de richesse propres à l’île (et oui, l’argent est le nerf de la guerre…). La seule richesse de l’île provient probablement de son tourisme. La notoriété de Nami s’est d’ailleurs encore vue renforcée par le succès international du drama coréen Sonate d’hiver, dont certaines scènes ont été tournées sur l’île au début des années 2000. Récupération touristique oblige, un parcours recoupant les différents moments forts du drama y est notamment proposé.
Au vu de l’esprit sud-coréen, un tel acte de sécession semble tout à fait inenvisageable par le gouvernement fédéral. Une seule conclusion s’impose donc: cette fable romanesque a uniquement été créée dans le but de colorer la destination touristique qu’est l’île de Nami. Quand je vous disais que la Corée du Sud maîtrise l’art du commerce…
Au-delà de cette aberration historique et géo-politique, et outre ce sentiment mi-figue, mi-raisin d’être (un petit peu) pris pour des poires, la beauté de la nature de Nami ne manquera pas de vous séduire. Très appréciée des touristes et des Séoulites, cette petite île de 63 km de long vaut particulièrement le détour à la venue de l’automne où les arbres se parent de belles couleurs saisonnales: érables rouges, ginkgos jaunes vifs, bouleaux blancs… Vous pourrez peut-être même y croiser des écureuils, des lapins et autres animaux vivant en liberté sur l’île.
Par contre, si vous souhaitez y passer un moment paisible et tranquille, privilégiez une visite en semaine et hors vacances scolaires. En effet, comme dans beaucoup d’endroits en Corée du Sud, l’afflux de visiteurs est plutôt… massif. Mais malgré la horde de touristes qui l’assiège chaque jour, l’île et sa féerie vous réjouiront.
PS: Si jamais vous entendez parler d’un village nommé ‘Petite France’, visite souvent couplée à l’île de Nami par les tour operators, n’y allez pas. Le lieu ne vaut même pas la sueur de vous expliquer pourquoi. Don’t-go-there.