
Une chose qui vous marque lorsque vous arrivez à Séoul, c’est le nombre de personnes âgées qui y travaillent. Et non seulement celles-ci paraissent travailler à un âge bien loin de la retraite mais, de surcroît, elles semblent se coltiner tous les métiers pénibles: ramassage des ordures dans la rue, nettoyage des rames du métro, entretien de la végétation dans les lieux publics, ou encore tenue de points de vente divers et variés dans la rue. Je me suis demandée pourquoi…
Bien que la Corée du Sud soit la 11ème puissance économique mondiale, son système de pension n’est réellement effectif que depuis 1988 (et qu’à partir de 1995 pour les agriculteurs et pêcheurs). Trop tard pour cette génération qui a consacré sa vie à reconstruire le pays après la guerre de Corée (1950-1953) et qui n’avait pas assez de temps ni d’argent pour contribuer à ce système de sécurité sociale.
Conséquence d’une protection sociale longtemps sacrifiée à la croissance économique du pays: la moitié des seniors sud-coréens vit dans la pauvreté. Certaines parties de la ville sont d’ailleurs devenues de véritables ghettos de personnes âgées en situation de pauvreté. Cette dernière est d’ailleurs la première cause de suicide parmi la population âgée de la péninsule.
Pour ceux qui s’interrogent encore sur le bien-fondé de notre système de sécurité sociale, bienvenue en Corée.